Les lapins connards

Bien le bonjour lecteur abandonné.
OUI je sais j’ai totalement déserté ce blog, mais on s’en fout, et puis voilà je reviens.

Enfin bref. Aujourd’hui j’ai voulu faire plaisir à mes enfants, et comme mon fils de 6 ans s’est découvert (enfin !) une passion pour la lecture, en plus de livres « classiques » je voulais lui prendre une BD.
Me voilà donc à l’espace culturel déambulant dans l’espace enfant ( ce qui aura une réelle importance ) à la recherche d’une BD pouvant lui plaire. Je passe sur la longue recherche ( chiante ) et je me décide pour une BD des lapins crétins. Un truc léger, simple, histoire de passer un moment marrant.
Je la feuillette vite fait et je rentre.
Mon fils se plonge dans la lecture et laisse sa BD ouverte sur le canapé le temps d’aller chercher quelque chose. Je décide de regarder un peu, et là … ET LA !

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Alors entendons nous bien. Je suis pas une fille choquée facilement, l’humour bien noir, les vannes bien grasses c’est ma cam. Je suis aussi féministe qu’une chaise pour ce genre de trucs mais là c’est ma limite.
Sur le livre pas d’age recommandé, ceci étant dit je ne pense pas que des gamins de 15 ans aiment les lapins crétins, et c’était avec les BD Chi, Spiderman, Angry bird et autres bouquins pour gamins.
J’enseigne à mes enfants le respect des autres et le respect de soi. Que les femmes sont l’égal des hommes et tout ça, et que non c’est pas normal que des dames soient à moitié à poil à la télé et tout ce bordel. Alors j’ai beaucoup de mal à imaginer mon fils regarder ça, se dire que bon c’est les lapins crétins donc c’est drôle, donc c’est normal que pour lui à 6 ans en plus, des femmes enlèvent le haut pour lui faire plaisir.
Ok on voit pas grand chose, mais je suis totalement dégoutée par le concept et l’idée !
Quelle image inculque ce genre de choses à nos enfants? Que pour leur plaisir les femmes se déshabillent et que c’est normal? Non mais sérieusement je suis très en colère.

Alors les Deux Royaumes qui publie cette merde, Ludo (l’émission enfant) et France télévisions qui sont partenaires j’ai envie de vous dire bien des choses, mais j’ai le dîner et la vaisselle qui m’attendent ( et la pipe pour contenter le mâle houhou qui a travaillé toute la journée ) alors je vais juste laisser les gens juges de ce truc.

Après tout je ne suis qu’une femme.

Bompard m’a tuer (la conclusion)

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J’écris ici et j’écris ailleurs. J’écris avec des amies sur un blog collectif ( moukrainesalaglaviouse.wordpress.com que c’est très bien que tu dois aller voir ça ) et j’avais à l’époque des débats à l’AN sur l’égalité homme/femme écrit un billet à l’occasion du passage remarqué de monsieur Bompard. Comme je suis une merde en blog ( oui mon nom de blog est totalement trompeur ) je vais le remettre ici à défaut de réussir à mettre un lien correct vers le blog.

BOMPARD M’A TUER

Hier soir j’ai l’idée, qui m’a semblé bonne au début, de regarder les débats à l’Assemblée Nationale. Bon je vous préviens tout de suite, j’ai souvent ce genre d’idées, qui semblent bonnes au départ et qui s’avèrent de véritables conneries, comme sauter d’une balançoire et me briser la jambe. Mais passons, c’est pas vraiment le sujet, bien que je me sois quand même cassé le péroné.

Donc hier j’étais confortablement installée dans mon canapé, je me connecte sur twitter (THE place to be) et je vois ma TL (pour les novices c’est comme le fil d’actu sur old facebook) (j’aime bien les parenthèses moi aussi) s’enflammer sur les débats à l’Assemblée à propos du projet de l’égalité homme/femme. Et plus précisément sur un amendement modifiant la loi Veil qui instaurait le droit à l’avortement « pour toute femme que son état place en situation de détresse ». Il supprime cette notion de détresse et la remplace par « le droit des femmes à poursuivre ou non une grossesse ». Jusque là j’applaudis des deux mains, je fais une hola, 14 juillet avant l’heure, feu d’artifice.

Et là c’est le drame.

(je ménage mon effet)

Arrive Bompard. Alors pour ceux et celles qui ne sont pas passionné(e)s de politique, Bompard c’est un des fondateurs du FN qu’il quittera pour monter la ligue du sud et accessoirement député maire d’Orange.
Donc le voilà qui arrive. Il est déjà tard dans la nuit. Mais mon Jacky (il s’appelle Jacques) il va pas se démonter, oh que non ! C’est son heure, son moment, il se lance.

« 225 000 enfants sont supprimés chaque année. […] A chaque fois que nous montrons la réalité des fœtus déchiquetés des souffrances et des regrets des femmes avortées vous hurlez[…]vous niez la souffrance des femmes qui honnissent leur potentiel maternité au point d’attenter à la vie mais également la perte pour la société des richesses qu’auraient apporté tous ces embryons balayés par une société qui se défait elle même au point de ne pas respecter les plus faibles dans leur dignité et leur droit à la vie ».

PUTAIN CE QUE TU LEUR A MIS A CES PUTES MON JACKY !
T’as tout donné ! Des enfants morts, des fœtus déchiquetés, le potentiel maternité, le regret, c’est grand ! T’es un grand mon Jacky.

Autant vous dire que je me suis décomposée dans mon canapé. Plus de feux d’artifice. Juste des étoiles de violence refoulée.
Alors tu sais mon Jacky, moi j’aimerais bien que tu comprennes un truc. Enfin plusieurs mais vu ton âge, t’auras pas le temps d’en retenir beaucoup. Alors on va faire court et bref.

J’ai avorté à 17 ans. Je vais très bien. Je n’ai aucun regret. Je n’ai jamais été une petite chose fragile et perdue, en détresse, et encore moins à ce moment là. C’était MA décision première, j’ai eu la chance que mon compagnon la partage.  Bien sur ce n’est jamais un plaisir du genre « qu’est ce que je vais faire aujourd’hui? Et si j’allais me faire avorter? Oh oui en voilà une idée qu’elle est bonne »
Et tu sais quoi mon Jacky, ben je me regarde tous les matins dans la glace ! Et même que je regarde mes enfants grandir sans y penser. Parce que mon corps est à moi. Ne t’en déplaise. Tu milites contre la PMA au nom des femmes, par contre culpabiliser les femmes qui avortent et vouloir les forcer à mener des grossesses à terme ça te pose pas de problème hein mon cochon. Remarque, quand on t’écoute, on voit bien que t’es pas à une connerie près.
Pour conclure, je n’ai plus que quelques mots à te dire Jacques.

Mon potentiel maternité et moi, on t’emmerde.

Voilà pour le rappel.
Aujourd’hui le conseil constitutionnel a validé la loi pour « l’égalité réelle entre homme et femme » et approuve la suppression de la notion de détresse dans le cadre d’une IVG.
C’est une très bonne nouvelle. Parce qu’une femme n’a pas besoin d’être en détresse pour ne pas vouloir mener une grossesse à terme. Des centaines de facteurs entrent en ligne de compte.
Qui peut vraiment définir une situation de détresse dans cette configuration? Quels sont réellement les motifs d’une détresse? Ils varient d’une femme à l’autre, d’une histoire à une autre.

Passé plutôt inaperçu il est essentiel de rappeler qu’à l’occasion de cette suppression à laquelle s’était opposée l’UMP, certains de leurs députés avaient soumis à leur tiers un amendement pour que l’IVG ne soit plus remboursée. Bah oui si t’es pas en état de détresse femme on va pas en plus payer pour toi hein. Ils sont mignons.

Les arguments qui reviennent sont toujours les mêmes. Le risque de banaliser l’avortement. Mais enfin, qui peut réellement penser qu’un avortement peut devenir quelque chose de banal?
Il faut dissocier deux choses sur tout ce qui concerne l’avortement et cette notion de détresse.
On peut ne pas être en détresse sans pour autant banaliser un avortement, ou le vivre comme un détail. L’avortement n’a rien d’un détail. Il est la conclusion d’un long cheminement de questionnement, de remise en question. Il est une décision importante. Un choix de vie, qui peut changer une vie.
L’avortement ne doit jamais être banalisé mais il ne doit jamais non plus être considéré comme insurmontable.

Toujours est il qu’à cet instant, j’aurai payé cher pour voir la tête de Bompard.

Le monde vu d’en bas

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Aujourd’hui un SDF a été condamné à 4 mois de prison pour avoir volé 17 euros.
Aujourd’hui les Copé, Balkany et consort sont en liberté à profiter de la vie.

C’est donc là qu’on vit. Dans ce pays ou « égalité » figure sur toutes les mairies. Que chacun s’en fasse son idée.

Moi ce que je me demande c’est comment expliquer tout ça à mes enfants. Comment leur expliquer que nous sommes tous égaux dans les textes  mais jamais en pratique. Je vois dans leurs yeux les premiers questionnements fondamentaux arriver.
Les enfants comme les adultes sont confrontés à la misère. Ils la voient sans savoir l’identifier. Ils se rendent compte très tôt des différences sans les comprendre.

Il y a quelques semaines sur le groupe Facebook de la ville ou j’habite un débat très animé sur la présence des SDF m’a filé la nausée. Pour de vrai. Je me suis rendu compte que les gens réussissent complètement à occulter le coté humain. Qu’ils réussissent à ne voir qu’une chose dérangeante. Mais dérangeante pourquoi au fond?
J’ai été interpellée par les propos d’une mère, dont la fille a le même age que mon fils.

« Franchement c’est dégueulasse les SDF devant Monoprix. Ma fille a peur à chaque fois qu’on passe devant et en plus ils puent ».

Et moi de me poser la question. Est ce qu’ai déjà vu mes enfants pleurer en croisant un SDF? Déjà ressenti une quelconque peur ou dégoût de leur part dans cette situation? Non jamais. Il faut dire que nous habitons une petite ville, les sans domicile sont (malheureusement) des gens installés, que l’on croise depuis des années. Tout ça pour dire qu’on est loin du cliché du mec alcoolisé et puant qui t’invective au moindre passage. Mais cette personne a t’elle un jour pris la peine de s’arrêter pour leur adresser un mot? J’en doute.

Plus jeune, mon fils s’est un jour arrêté devant un de ces hommes. Lui a serré la main pour faire comme papa. J’ai vu ce bonhomme de bien 50 ans s’écrouler en larmes tellement surpris et ému qu’un enfant lui tende la main.
Mon fils a bien grandi depuis. Il est ultra sensible, il prend le monde qui l’entoure en pleine gueule.
Il se questionne chaque fois qu’on se promène.
« Pourquoi le monsieur n’a pas de maison? » « Pourquoi le monsieur il demande à manger? » « Et pourquoi on lui donne pas une maison? »
Et moi bien bête pour lui répondre. C’est vrai, pourquoi?

Comment expliquer à un enfant de bientôt six ans que c’est comme ça. Qu’on y peut rien. Que le monde est ainsi fait. Comment lui laisser ses illusions sans lui mentir?

Alors j’essaye de leur apprendre à ne pas ignorer ces gens. Qu’on réponds toujours à un bonjour, qu’il vienne d’en haut ou d’en bas à nos pieds.
Il sera bien temps pour eux de comprendre un jour qu’en vérité, l’égalité n’est qu’une illusion.

Ma lettre d’adieu au PS

A mon très cher PS,

Je suis une de tes militantes. Enfin, j’étais. J’ai milité des années dans tes locaux, je me suis engagée à tes cotés sans mesure. Je t’ai confié mes idéaux, si chers à mon cœur, je t’ai donné mon temps, associé mon image et mon nom à ta cause.
Je suis de ceux pour qui la politique est une histoire de valeurs. Je ne me bats que pour ça. Je n’ai aucune ambition personnelle. Quand est venu le temps de se positionner politiquement, c’est toi que j’ai choisi, malgré les remontrances de mon communiste de père.

Et nous voilà toi et moi, plus de dix ans plus tard. La photo de famille a jauni, se déchire par endroits. J’ai un temps pensé que c’était moi la responsable de nos divergences. Je me suis contrainte au silence, en portant le poids de l’échec de notre histoire.
Quand mes amis venaient me trouver moi pour me demander des comptes sur toi, je te défendais encore. Le syndrome de la personne battue.

Plusieurs gifles ont jalonné notre parcours.
De grandes joies aussi, quand tu as enfin accédé au pouvoir, la promesse de plus d’égalité certes sans baguette magique mais avec des croyances.
Et je me réveille avec la gueule de bois.
Je me réveille avec tes reculades. Ton laisser faire quand les gens refusaient des droits dans les rues et ta lâcheté quand ton peuple veut soutenir un autre peuple assassiné.
Ton positionnement à vouloir nous empêcher de crier notre amour pour le peuple palestinien sous les bombes est la gifle de trop.

Je t’ai tout pardonné ou presque jusque là. Je t’ai laissé le bénéfice du doute. Mais aujourd’hui je me sens trahie. Tu parles tu parles, mais moi je suis devenue sourde. En perdant l’ouïe j’ai retrouvé la vue. Et ce que je vois me dégoute.

Je ne te laisserai plus abuser de mes idéaux. Toi et moi, c’est une histoire terminée. Je n’en garde aucun bon souvenir. Je n’en garde que du temps perdu et la honte d’avoir cru en toi.
Mon seul espoir est que l’indignation qui nait en ton sein se propage et qu’à nous tous, que tu qualifies avec tes militants encore sourds de traitres, nous fondions autre chose, de conforme à ce en quoi nous avons cru.
J’espère que certains de tes grands noms, en qui il est encore possible de croire et en qui je crois encore, auront le courage de te quitter comme moi en ce jour.

Adieu et sans regrets.

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