Ma lettre d’adieu au PS

A mon très cher PS,

Je suis une de tes militantes. Enfin, j’étais. J’ai milité des années dans tes locaux, je me suis engagée à tes cotés sans mesure. Je t’ai confié mes idéaux, si chers à mon cœur, je t’ai donné mon temps, associé mon image et mon nom à ta cause.
Je suis de ceux pour qui la politique est une histoire de valeurs. Je ne me bats que pour ça. Je n’ai aucune ambition personnelle. Quand est venu le temps de se positionner politiquement, c’est toi que j’ai choisi, malgré les remontrances de mon communiste de père.

Et nous voilà toi et moi, plus de dix ans plus tard. La photo de famille a jauni, se déchire par endroits. J’ai un temps pensé que c’était moi la responsable de nos divergences. Je me suis contrainte au silence, en portant le poids de l’échec de notre histoire.
Quand mes amis venaient me trouver moi pour me demander des comptes sur toi, je te défendais encore. Le syndrome de la personne battue.

Plusieurs gifles ont jalonné notre parcours.
De grandes joies aussi, quand tu as enfin accédé au pouvoir, la promesse de plus d’égalité certes sans baguette magique mais avec des croyances.
Et je me réveille avec la gueule de bois.
Je me réveille avec tes reculades. Ton laisser faire quand les gens refusaient des droits dans les rues et ta lâcheté quand ton peuple veut soutenir un autre peuple assassiné.
Ton positionnement à vouloir nous empêcher de crier notre amour pour le peuple palestinien sous les bombes est la gifle de trop.

Je t’ai tout pardonné ou presque jusque là. Je t’ai laissé le bénéfice du doute. Mais aujourd’hui je me sens trahie. Tu parles tu parles, mais moi je suis devenue sourde. En perdant l’ouïe j’ai retrouvé la vue. Et ce que je vois me dégoute.

Je ne te laisserai plus abuser de mes idéaux. Toi et moi, c’est une histoire terminée. Je n’en garde aucun bon souvenir. Je n’en garde que du temps perdu et la honte d’avoir cru en toi.
Mon seul espoir est que l’indignation qui nait en ton sein se propage et qu’à nous tous, que tu qualifies avec tes militants encore sourds de traitres, nous fondions autre chose, de conforme à ce en quoi nous avons cru.
J’espère que certains de tes grands noms, en qui il est encore possible de croire et en qui je crois encore, auront le courage de te quitter comme moi en ce jour.

Adieu et sans regrets.

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Un commentaire

  1. Je partage tout à fait ton analyse sur ce PS tant aimé et défendu jusqu’en Mai 2012 et même localement encore en ce dernier mois de Mars…
    Mais trop c’est trop… Je n’ai pas ton aisance dans l’écriture… mais je vais le dire en quelques mots…
     » Très cher PS,
    Déçu des tes promesses non tenues qui pourtant seraient réalisables avec un peu de courage… Déçu de ces affaires politico-judiciaires qui continuent… Déçu de ces paroles sans lendemain et de ces revirement d’opinion…
    Moi militant, je rêvais d’un pays bien plus libre… Moi militant, je rêvais d’un peuple bien plus égalitaire… Moi militant, je rêvais d’un pays bien plus solidaire… Moi militant je n’ai vu que la montée du racisme, de l’extrême droite et des injustices toujours plus grandes… Moi militant, je te laisse tombais et vais te regarder de loin… sans pouvoir plus jamais prendre ta défense !
    Tu ne nous a pas compris !
    Au revoir « 

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